Calendrier des nuisibles en Île-de-France, mois par mois
Chaque nuisible a sa période. Mais plusieurs « saisons » très relayées ne reposent sur aucune donnée, et dans un logement chauffé, le mois de l'année compte souvent moins qu'on ne le croit.
Les trois pics qui structurent l’année francilienne
Trois périodes concentrent l’essentiel des interventions en Île-de-France. De mai à novembre, les guêpes et frelons montent en puissance jusqu’à un maximum en fin d’été. De juillet à octobre, les puces et les punaises de lit atteignent leurs niveaux les plus hauts. D’août à octobre, les signalements de rongeurs culminent avant de retomber en décembre.
Le reste de l’année n’est pas calme pour autant, et c’est le point que la plupart des calendriers oublient : à l’intérieur d’un logement chauffé, plusieurs espèces se reproduisent sans interruption.
Mars à mai : le démarrage, discret mais décisif
Le printemps est la saison où les colonies se fondent. Chez la guêpe germanique, les reines hivernées sortent à partir de la mi-mars et les premières ouvrières volent début mai, d’après l’encyclopédie HYPPZ de l’INRAE. Le frelon européen suit avec quelques semaines de décalage, ses reines volant à partir de la mi-avril.
Le frelon asiatique, lui, est documenté au mois près par le Muséum national d’Histoire naturelle : reprise d’activité des fondatrices dès février, installation des nids primaires à partir de mars, premières ouvrières au cours du mois de mai. À ce stade, le nid a la taille d’une orange et se loge sous un rebord de toit ou dans un abri de jardin. C’est la période où une destruction est la plus simple, et de loin la moins acrobatique.
Contre-intuitif : le printemps est aussi le creux des punaises de lit. Sur les signalements parisiens, avril est le mois le plus bas de l’année. Et pour les puces, avril et mai sont les minima mesurés en Allemagne comme en Hongrie, à l’inverse du « pic de printemps » souvent annoncé.
Juin à août : le plein été
C’est la période la plus dense. Les colonies de guêpes gagnent en effectif jusqu’à atteindre 1 000 à 5 000 ouvrières en août selon les extensions universitaires américaines, et le frelon asiatique déménage vers son nid secondaire dans le courant du mois d’août, souvent à plus de dix mètres dans un arbre. Le nid devient alors difficile d’accès, ce qui change concrètement le matériel nécessaire.
Les fourmis volantes apparaissent à cette période. Une étude britannique portant sur plus de 13 000 observations a établi que 97 % des vols nuptiaux se concentrent en juillet et août, sans qu’aucun vol ne se produise sous 13 °C (Hart et al., Ecography, 2018). Le fameux « jour des fourmis volantes » n’existe donc pas : c’est une saison de trois mois. Ces mêmes travaux montrent que la pression atmosphérique, longtemps présentée comme le déclencheur, n’a aucun effet significatif.
Le moustique tigre est en pleine activité. L’ARS Île-de-France mène une surveillance renforcée du 1er mai au 30 novembre chaque année, et recense 328 communes colonisées, soit 82 % de la population régionale. L’espèce pique en journée, surtout le matin et en fin de journée, et se déplace peu : environ 150 mètres autour de son lieu de naissance.
Côté punaises de lit, c’est le mois d’août qui domine à l’échelle nationale. La seule série mensuelle française validée, issue du réseau Sentinelles, mesure 20 consultations pour 100 000 habitants en août 2019 contre 3 en janvier 2020, un rapport de près de sept (Thomas et al., PLOS ONE, 2024).
Septembre à novembre : le vrai pic francilien
Si une seule période devait retenir votre attention, c’est celle-ci.
Les colonies de guêpes et de frelons atteignent leur taille maximale. Le nid de frelon européen culmine à la mi-septembre, et celui du frelon asiatique au début de l’automne, avec près de 2 000 ouvrières pour les plus gros. C’est aussi le moment où les ouvrières perdent leur source interne de sucre, fournie jusque-là par les larves, et recherchent activement des glucides à l’extérieur. D’où les contacts sur les terrasses et autour des poubelles. Le changement documenté porte sur l’alimentation, pas sur une agressivité qui n’a jamais été mesurée.
Les rats suivent la même courbe. Sur six années de signalements parisiens, le pic est en août-septembre-octobre et le creux net en décembre-janvier. À noter, parce que la croyance est tenace : aucune étude ne documente une « invasion » de rongeurs déclenchée par le froid. Ce qui est établi en climat tempéré, c’est un pic de reproduction automnal.
Pour les punaises de lit, septembre est un mois de pic à Paris, ce que confirment les signalements municipaux, mais l’affirmation « septembre est le pire mois » ne vaut pas au niveau national, où le maximum est en août.
Les puces atteignent leur maximum entre juillet et octobre, septembre étant le mois le plus chargé dans une étude portant sur près de deux millions de consultations vétérinaires britanniques (Farrell et al., Medical and Veterinary Entomology, 2023).
Décembre à février : le creux apparent
Les guêpes et frelons disparaissent : les colonies meurent aux premières gelées et un nid n’est jamais réutilisé l’année suivante. Un nid repéré en hiver est presque toujours vide, sa destruction n’a plus d’objet. Les signalements de rongeurs tombent à leur minimum annuel, et les punaises de lit à leur plancher.
Mais « creux » ne veut pas dire « rien ». En Allemagne, au mois de janvier, le plus bas mesuré, 7,26 % des chats restaient porteurs de puces, soit environ un tiers du pic d’août. Les puces ne disparaissent pas l’hiver, elles se raréfient.
Ce que votre logement change, et c’est beaucoup
Voici l’angle que la plupart des calendriers omettent : pour plusieurs espèces, la température qui compte n’est pas celle de la rue, c’est celle de votre intérieur.
- Punaises de lit : aucun œuf n’éclot sous 13 °C. Un logement à 19-22 °C les place en régime continu toute l’année. Le rapport d’expertise de l’ANSES consacré à cette espèce, 258 pages, ne mentionne d’ailleurs aucune saisonnalité.
- Blattes germaniques : elles ne se développent pas sous 14,1 °C, mais l’arrière d’un réfrigérateur ou d’un lave-vaisselle offre 28 à 32 °C, soit leur optimum, en décembre comme en juillet.
- Puces : leur développement est décrit comme indépendant de la saison dans les bâtiments à température constante.
- Mites de vêtements : dans un bâtiment non chauffé, une génération par an. Dans un bâtiment chauffé, deux, avec une seconde émergence à l’automne. Dans un bâtiment très chaud, trois.
Autrement dit, le calendrier ci-dessus décrit surtout ce qui se passe dehors. Dès qu’une espèce s’installe à l’intérieur, elle sort du calendrier.
Anticiper plutôt que subir
La conséquence pratique est simple. Pour tout ce qui vit dehors, guêpes, frelons, moustiques, agir tôt dans la saison coûte moins cher et se règle plus simplement : un nid de guêpes accessible relève du forfait à 139 €, contre 199 € entre 2 et 5 mètres et 299 € au-delà, quand la perche télescopique devient nécessaire. Le prix d’un palier ne bouge pas ; ce qui bouge, c’est le palier où se trouve votre nid une fois que la colonie a grossi et pris de la hauteur.
Pour tout ce qui vit dedans, punaises, blattes, puces, la question du mois ne se pose pas. Le traitement dépend de la surface et de la méthode, pas du calendrier.
Détail utile si vous habitez le secteur : dans plusieurs intercommunalités de Seine-et-Marne, la destruction des nids de frelon asiatique est prise en charge à 100 % par la collectivité. Les modalités sont réunies sur notre page dédiée au frelon asiatique, et la demande doit toujours être déposée avant l’intervention.
Questions fréquentes
Quel est le mois le plus chargé pour les nuisibles en Île-de-France ?
Septembre concentre le plus de situations à la fois : nids de guêpes et de frelons à leur taille maximale, pic de puces, signalements de rongeurs élevés et punaises de lit en haut de cycle à Paris. Août arrive juste derrière, avec un maximum national pour les punaises de lit.
Les punaises de lit ont-elles une saison ?
Les données françaises montrent une incidence près de sept fois plus élevée en août qu’en janvier. Mais le rapport de référence de l’ANSES ne documente aucune saisonnalité, et à 19-22 °C dans un logement, l’espèce se reproduit toute l’année. La saison observée tient sans doute plus aux déplacements qu’à la biologie.
Faut-il faire détruire un nid de guêpes trouvé en hiver ?
Non. Les colonies meurent aux premières gelées et un nid n’est jamais recolonisé l’année suivante. Un nid visible en décembre est presque toujours vide. Le bon réflexe est la vigilance au printemps suivant, quand les reines cherchent un nouvel emplacement.
Le moustique tigre est-il présent en Seine-et-Marne ?
Oui. L’implantation est considérée comme irréversible dans tous les départements franciliens, et 328 communes de la région sont colonisées. La surveillance officielle court du 1er mai au 30 novembre. Le geste le plus efficace reste la suppression des eaux stagnantes autour du logement.
Les rats entrent-ils vraiment dans les maisons quand il fait froid ?
Cette idée très répandue n’est appuyée par aucune étude scientifique. Ce qui est documenté en climat tempéré, c’est un pic de reproduction à l’automne. Les signalements parisiens culminent d’ailleurs en août-septembre, pas en plein hiver.
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Pour aller plus loin, chaque nuisible a sa page de référence : punaises de lit, cafards et blattes, rats, souris, guêpes et frelons européens, frelon asiatique et fourmis.
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